« Le
décrochage : au-delà des chiffres… une affaire
de cœur » Montréal, Québec, le 27 avril 2009 (À vérifier au moment de l’allocution) Distingués
invités d’honneur, Merci au Cercle canadien pour son invitation. Merci, à vous tous d’être avec nous ci-midi. D’entrée de jeu, je veux remercier la firme McKinsey, et particulièrement Éric Lamarre, associé directeur du bureau de Montréal et toute son équipe, qui ont fait bénévolement un magnifique travail, en étroite collaboration avec la trentaine de personnes que j’ai réunies pour former le Groupe d’action sur la persévérance et la réussite scolaires. Parmi ces personnes, j’aimerais souligner la participation de Michèle Thibodeau-Deguire et du Dr. Gilles Julien qui sont présents avec nous aujourd’hui. Notre rapport intitulé « Savoir pour pouvoir » a été rendu public en mars dernier et a suscité beaucoup de réactions. Mon propos ce midi, tout comme le contenu de mon livre, traduisent mes réflexions personnelles et les nombreux échanges que j’ai eues après la publication du rapport et ils n’engagent que moi. Je commence par dresser un rapide portrait de la situation. D’abord quelques chiffres. 41,2 % des élèves inscrits au secondaire en 2002 n’avaient toujours pas obtenu leur diplôme en 2007. C’est-à-dire à la fin du délai normal pour faire un cours secondaire au Québec. Cinq ans. À l’âge de 20 ans, seulement 69 % des jeunes Québécois célèbrent leur 20è anniversaire avec un diplôme d’études secondaires en poche, ou l’équivalent. Exactement là où on en était il y a deux décennies. On n’a pas progressé d’un iota malgré tous les efforts qui ont été déployés et les millions de dollars qui ont été investis. Juste à titre de point de repère, je rappelle que l’Ontario vient d’annoncer que son taux d’obtention de diplôme au secondaire est passé de 68 % à 77 %, au cours des cinq dernières années. D’après la dernière enquête de Statistique Canada sur la main-d’œuvre active, le Québec se classe au 9è rang des provinces canadiennes pour les non diplômés, entre 20-24 ans, qui font partie de la population active et qui n’ont pas de diplôme. Nous étions au 7è rang lors de l’enquête précédente. Un autre chiffre qui jette énormément de confusion. Ce fameux 85 % qu’on nous sert depuis quelque temps et qui nous classerait parmi les champions mondiaux de la diplomation au secondaire, mais avant 30 ans. Un autre déni dont nous sommes friands au Québec. Selon l’enquête qui donne ce fameux 85 %, c’est la Grèce qui se classe au premier rang des pays étudiés. Avec, tenez-vous bien, un taux de diplomation de … 106 % chez les femmes et … 102 % hommes et femmes confondus. Plus de diplômes que de têtes de pipe ! Là, je dois vous avouer que je manque quelque chose… Par ailleurs, si jamais c’était vrai que le Québec puisse se targuer d’avoir 85 % de diplômés du secondaire, comment se fait-il qu’une étude de l’OCDE nous apprenait l’an dernier que la population québécoise âgée de 16 à 65 ans compte 49 % d’analphabètes fonctionnels (Niveau 2 de lecture). Ça voudrait dire qu’une partie importante de nos diplômés seraient analphabètes ! On parle au total de 2,5 millions de Québécois, dans cette tranche d’âge. Pas très rassurant non plus de savoir qu’un bon nombre de nos diplômés peinent à comprendre ce qui est écrit sur leur diplôme… Combien ça coûte ces faibles taux de diplomation ? Un décrocheur gagne, en moyenne annuelle, 15 000 $ de moins qu’un diplômé du secondaire. Au bout d’une vie active, on parle de 439 000 $ de moins. Ça, c’est pour le décrocheur lui-même et sa famille. Cette différence importante de revenu se traduit aussi par un manque à gagner considérable pour l’État. Combien ? Une cohorte de décrocheurs, c’est-à-dire environ 28 000 jeunes sur les 90 000 qui commencent ensemble leur secondaire I, coûte à l’État près de 2 milliards $. Des taxes et des impôts en moins, des coûts additionnels en assistance sociale, assurance-emploi, frais de justice accrus et coûts de 2è génération. Et cela n’inclut pas les coûts de santé accrus, eux aussi, chez les non diplômés.Ajoutez à cela un déficit important au plan de la participation citoyenne. Les non diplômés votent généralement en moins grand nombre que les diplômés, font moins de bénévolat et donnent moins souvent de sang. Je vous ai cité ces quelques chiffres uniquement pour bien souligner l’importance de la problématique du décrochage scolaire au Québec.Cela dit, je tiens à préciser un point très important. Tous ces chiffres ne constituent en aucune façon un jugement de valeur sur les personnes qui n’ont pas de diplôme. J’en connais plusieurs qui contribuent de façon exceptionnelle au développement de notre société. Des gens qui élèvent des familles heureuses et qui constituent des modèles dans leur milieu. Je veux seulement attirer l’attention des jeunes sur l’importance, aujourd’hui, d’avoir terminé une formation qualifiante et sanctionnée par un diplôme. J’ai bien dit une formation qualifiante. On peut être plombier, chauffeur de camion ou PhD en physique nucléaire. Ce qui est important, c’est d’être qualifié pour faire ce qu’on aime faire, à tous les jours de la semaine, pendant toute sa vie. C’est ça qui est important. Au-delà des chiffres, le décrochage c’est trop souvent un drame humain. Pourquoi ? Parce que, être décrocheur, ça veut dire souvent être obligé de réduire ses attentes face à la vie. En plus de gagner moins d’argent, ça veut dire vivre moins longtemps et souvent en moins bonne santé. Être décrocheur, c’est souvent une réalité lourde à porter. C’est s’exposer à se faire dire « non » plus souvent qu’à son tour. C’est se faire dire « non » quand on postule un emploi et que son CV n’est même pas considéré. Tout droit sur la pile des « ne répond pas aux exigences ». Même si on sait que le poste est encore disponible. Parlez-en aux organisateurs des salons de l’emploi qui battent tous les records par les temps qui courent. 1800 exposants au dernier Salon de l’emploi, à Montréal, le mois dernier. Des milliers d’emplois disponibles, mais peu de postulants qualifiés pour les combler. Même chose ailleurs au Québec. Et, les baby-boomers qui vont prendre leur retraite massivement d’ici peu. D’ici une vingtaine d’années, il n’y aura plus qu’environ deux personnes en âge de travailler, pour une personne de 65 ans et plus. Vous voyez le problème de société qui nous attend ? S’il fallait en plus qu’une partie importante des jeunes soient non qualifiés. Ça risque de craquer quelque part… Être décrocheur, c’est aussi être exclu de la vague de jeunes dynamiques qui partent à la conquête du monde dans une société du savoir. C’est ne pas se sentir au même niveau que les autres. Ne pas pouvoir suivre le rythme d’une société qui évolue à toute vitesse. C’est aussi imposer à sa famille les conséquences de ses limites. Ça aussi, ça fait partie du drame humain du décrocheur. Moins de ressources pour les enfants, moins de capacité pour les aider dans leurs études, parfois même pour leur servir de modèle. C’est de tout ça dont je parle quand je dis que le décrochage, c’est un drame humain. C’est pour ça que je dis qu’au-delà des chiffres, le décrochage… c’est une affaire de cœur. Plusieurs personnes m’ont dit qu’on n’avait qu’à faire comme l’Ontario et que tout irait bien. Malheureusement, c’est plus compliqué que ça. Le phénomène du décrochage commence à être assez bien documenté. Plusieurs initiatives pour venir en aide à ces jeunes nous fournissent des données intéressantes sur le sujet. Entre autres le CRÉPAS fondé au Saguenay-Lac-St-Jean par le professeur Michel Perron qui a été l’une des personnes à l’origine de notre Groupe d’action. Ce qu’on sait, c’est que les fameux déterminants du décrochage peuvent apparaître aussi tôt qu’à la naissance de l’enfant. Certains vous diront même avant sa naissance. Par exemple le capital culturel qui entourera l’enfant peut-être un facteur de décrochage plus tard. C’est ce qui fait dire au Dr Gilles Julien, qui travaille avec les jeunes des quartiers Hochelaga-Maisonneuve et Côte-des-Neiges, qu’il faut intervenir sur tout le continuum de vie de l’enfant et le soutenir dès son plus jeune âge, jusqu’à l’obtention de son diplôme. On n’aidera pas de la même façon un enfant qui vit en milieu défavorisé et dont les parents sont analphabètes et un autre jeune issu d’une famille à l’aise, mais qui est aux prises avec des problèmes de « consommation ». On n’interviendra pas de la même façon dans un quartier où l’éducation n’est pas valorisée et un autre quartier où on valorise l’éducation, mais où on n’a pas les moyens de faire éduquer ses enfants. Dans d’autres cas, on a affaire à des problèmes d’apprentissage qui vont mener tout droit au décrochage, si rien n’est fait à temps. Plusieurs intervenants ont souligné, par exemple, la pénurie aigue d’orthophonistes qui fait que les enfants qui ont besoin d’aide sont laissés à eux-mêmes. Sans compter les nombreux enfants qui souffrent de dyslexie sans jamais avoir été diagnostiqués. On a vu souvent ce film-là : de la classe régulière au cheminement particulier, et un beau jour, le décrochage. Avec en prime, le drame humain de l’enfant rejeté par ses camarades d’école parce qu’on lui accole l’étiquette « d’ortho ». Des humiliations qui n’offrent souvent d’autre issu que le décrochage. On le constate facilement, dans le domaine de la lutte au décrochage, il n’y a pas de « one size fits all ». D’où l’importance stratégique de fonder l’action sur une recherche de grande qualité pour connaître le mieux possible la problématique de la clientèle qu’on veut aider. C’est ce qu’on a fait dans tous les cas de « success stories », au Québec comme ailleurs. Plusieurs initiatives sont très bien documentées. Ce qui fait qu’on peut déduire des constantes dans ces initiatives qui fonctionnent bien. Le Groupe d’action sur la persévérance et la réussite scolaire a étudié plusieurs initiatives que je n’ai pas le temps de vous résumer ce midi. Je vous dirai simplement que le programme Pathways to Education, dans le quartier Regent Park à Toronto, un des quartiers les plus défavorisés de la ville Reine, a réussi à réduire le taux de décrochage de ses enfants de… tenez-vous bien… 86 %. Leur taux est maintenant comparable à ceux obtenus dans les quartiers les mieux nantis de Toronto. Et, je vous prie de me croire, on partait de très loin. 56 % de décrocheurs, avant le programme. 8 % maintenant. C’est donc possible de faire quelque chose. Ce n’est pas vrai qu’on n’y peut rien. Ce programme est en voie d’être implanté au Québec, notamment à Verdun, sous la direction de Pierre Côté, président directeur-général de Toujours ensemble qui faisait partie de notre Groupe d’action. Un programme financé notamment par la Fondation Roasters de la famille Richard J. Renaud et Centraide. D’autres programmes de lutte au décrochage, aux États-Unis cette fois, affichent d’excellents résultats. Check & Connect, une réduction du décrochage de 33 % ; Career Academies, 34 % ; High/Scope Perry Preschool, 38 %. Au Québec, le CREPAS a contribué à hausser le taux de diplomation de ses jeunes de 66,2 %, en 1991, à 76 % en 2008. Toutes ces initiatives à succès ont des caractéristiques en commun. Je vous les énumère rapidement. D’abord, ces initiatives émanent de la communauté et elles sont dirigées avec rigueur par un leader passionné et respecté. Mais, comme dans le sport, même le meilleur manieur de rondelles, disons un Kovalev, sans une bonne équipe autour de lui, ne peut pas faire de miracle. Les plus grand succès sont le fait d’un solide partenariat avec la communauté, les services publics, la société civile et les milieux d’affaires. Parce que le décrochage concerne toute la société et non seulement l’école que le jeune fréquente. Il faut que les initiatives partent du jeune lui-même, de ses besoins, des déterminants de décrochage qui lui sont propres, et non d’une structure abstraite et loin du terrain. Autre point très important, il faut commencer à accompagner le jeune et sa famille dès son plus jeune âge. Attendre à la fin du secondaire pour s’occuper du décrochage s’avère souvent trop peu, trop tard. Autre point majeur, il faut souvent établir une relation de confiance entre le jeune susceptible de décrocher et un adulte qui va lui servir de « coach », de mentor, de facilitateur dans ses démarches. Un adulte responsable, capable de la plus grande compréhension, sans jamais verser dans la complaisance. Bien sûr, il faut aussi un financement à la hauteur des besoins. Un financement suffisant, continu et prévisible. J’ajoute une autre condition de succès aux initiatives que nous avons étudiées. Il faut évaluer constamment et documenter les démarches poursuivies pour être capable de modifier le tir en cours de route. Comment savoir si on ne documente rien ? Einstein disait : « Le comble de l’absurdité, c’est de répéter les mêmes gestes constamment et de s’attendre à des résultats différents ». Jusqu’ici, nous avons vu où nous en sommes, au Québec, par rapport au décrochage. Nous avons vu ce qui se fait ici et la pour soutenir les jeunes. La question maintenant, que peut-on faire à la grandeur du Québec ? C’est quoi notre plan de match ? D’abord, il faut nous fixer un objectif. Je crois que si nous arrivons à faire passer notre taux de diplômés avant l’âge de 20 ans, de 69 à 80 %, d’ici 2020, nous aurons accompli du bon travail. Comment faire ? En déclenchant à travers tout le Québec une initiative citoyenne comme on n’en a jamais vue pour venir en aide à nos jeunes. Une véritable « Corvée-Décrochage » pan Québécoise pour soutenir nos jeunes. Heureusement, nous ne partons pas
de rien. Loin de là. Un grand nombre
d’initiatives sont en cours. Mais, on nous a dit autour de la table du
Groupe de travail que trop souvent, on manque d’intensité. Ce
qu’on fait bien, on ne le fait pas assez fort, ni suffisamment longtemps.
Le financement… Et oui. Un financement insuffisant et souvent tout à fait
imprévisible qui peut prendre fin du jour au lendemain. Déjà,
de bonnes nouvelles ont été annoncées. La Fondation Lucie
et André Chagnon, en partenariat avec le gouvernement du Québec
investiront 50 millions $, au cours des cinq prochaines années pour
aider au financement des instances régionales sur la persévérance
et la réussite scolaire. C’est quoi le plan de match ? Notre plan de match met l’accent, en priorité, sur les gestes à poser directement auprès des enfants. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il faut absolument commencer à intervenir le plus tôt possible dans la vie des enfants à risque et de leur famille et assurer un encadrement serré pendant tout le continuum de vie de l’enfant. Je l’ai déjà dit. Je le sais. Je le répète parce que c’est tellement important. Je vais vous parler plus en détail de quelques actions qui concernent directement le monde de l’entreprise. Vous pouvez lire le reste dans mon livre. J’insiste beaucoup sur l’importance de faciliter et d’encourager le choix de métiers et de technologies auprès des jeunes. Les lacunes en orientation et en choix de carrière sont à l’origine de bon nombre de décrochages. C’est ce que me disent de nombreux décrocheurs. Les commentaires comme : « j’ai lâché l’école parce que je ne voyais pas le rapport entre ce qu’on faisait à l’école et ce que j’aurais aimé faire dans la vie » sont légion. Les inscriptions pour les cours menant à des métiers où à des technologies sont trop faibles notamment parce que les jeunes ne connaissent rien à cette réalité. Déjà, dans certaines régions, des programmes sont en place pour faciliter le contact entre les jeunes et le marché du travail ainsi que les métiers et techniques qui sont à leur portée. J’étais à St-Hyacinthe la semaine dernière, et j’ai constaté que la Chambre de commerce et la Commission scolaire viennent de s’engager dans ce genre d’initiative. Des gens d’affaires, des professionnels, des techniciens, des femmes et des hommes qui exercent différents métiers vont visiter des écoles pour parler aux jeunes de leur réalité. Les jeunes vont être invités à aller dans les entreprises pour découvrir un monde qu’ils ne connaissent pas. Des journées d’accompagnement sur les lieux de travail, des parents avec leurs enfants par exemple. Souvent les enfants ne savent pas exactement ce que fait papa ou maman dans le quotidien. Une belle occasion de le découvrir et peut-être de s’y intéresser. Bien d’autres activités sont prévues. Je crois qu’il faut multiplier ces programmes afin de démystifier la réalité des métiers et des techniques auprès des enfants qui boudent un monde qui leur est étranger. Des initiatives sont aussi en cours en Abitibi, en Montérégie et dans d’autres régions du Québec. Des entreprises mettent leurs ressources en commun pour aider les écoles locales à fournir aux enfants, particulièrement dans les quartiers les plus démunis, un environnement et même un milieu de vie plus propices à l’apprentissage. Mon entreprise participe notamment à un de ces projets qui s’appelle 80, ruelle de l’Avenir, avec Gaz Metro et d’autres partenaires dont Radio-Canada, la Commission scolaire de Montréal, CGI, l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec. On a transformé une annexe de l’école Garneau, près du pont Jacques-Cartier, dans le Centre-Sud de Montréal. Le toit de l’école est maintenant une terrasse. On a appelé ça : la Place de l’Avenir, avec jardin et potager, pour accueillir les jeunes et leurs parents. On a rénové l’annexe à l’école pour y installer six ateliers thématiques. Une cuisine laboratoire, une salle de botanique, un centre multimédia, un atelier de sciences, on a refait le gymnase qui est aussi devenu un lieu d’expression artistique et culturelle. Bref, nous avons fourni aux jeunes un milieu de vie ludique qui incite à la découverte. Les enfants des écoles environnantes ont aussi accès à ces lieux. Les gens qui animent les jeunes viennent du Projet 80 du Dr Julien et de son projet sur la pédiatrie sociale. Les entreprises peuvent faire beaucoup pour aider les jeunes en se disciplinant dans l’embauche d’étudiants. Dans certaines régions, des entreprises convainquent des jeunes d’abandonner leurs études pour commencer à travailler plus vite. Lorsque ces pratiques sont inévitables à cause de pénuries de main-d’œuvre par exemple, pourquoi ne pas les assortir d’un engagement à aider ces jeunes à compléter leurs études tout en travaillant ? Je pense aussi aux nombreuses entreprises qui embauchent des jeunes à temps partiel pendant leurs études. Une pratique que les employeurs devraient baliser en faisant preuve de compréhension dans la répartition des horaires de travail. Par exemple, ne pas imposer des horaires de travail déraisonnables pour des étudiants. Tenir compte des périodes de remise intensive de travaux ou d’examens. Bref, donner un coup de pouce aux jeunes pour les aider à réussir leurs études. Leur faire réaliser que c’est important le diplôme. Nous, les gens d’affaires, serons parmi les grands bénéficiaires d’une main-d’œuvre bien formée, en nombre suffisant. Des entreprises peuvent aussi contribuer à la lutte au décrochage en offrant des biens ou des services dans le cadre d’initiatives en ce sens. Plusieurs ce sont avancés depuis quelques semaines ; des gens du secteur des médias et des communications, entre autres et je laisse chacun faire ses annonces le moment venu. D’autres jeunes citoyens sont en train de mettre sur pied un réseau à travers le Québec pour aller dans les écoles parler aux jeunes de leurs métiers et de leurs professions. Ils essaient de recruter de jeunes adultes dont l’expérience est motivante pour les étudiants. Beaucoup plus intéressant pour les jeunes, en tout cas, que d’entendre un vieux, comme moi, leur parler de sa carrière dans une banque. Vous pouvez être sûr de ça ! Dès l’automne prochain, vous allez assister à la mise en marche, par un autre groupe de jeunes gens d’affaires d’une initiative gigantesque, à travers tout le Québec, via l’Internet, afin de mobiliser des milliers de jeunes bénévoles qui travailleront en étroite collaboration avec le réseau scolaire et les organismes accrédités pour intervenir auprès des jeunes étudiants. Nous travaillons là-dessus actuellement. Je vous invite à parcourir mon livre pour avoir une meilleure idée de tous les projets qui composent le plan d’action. Ce que je vous dis, c’est préparez-vous à un véritable mouvement citoyen pour contrer le décrochage scolaire au Québec. Il se fait déjà beaucoup je le sais. Ce qu’il faut maintenant, c’est de mieux structurer cette action, assurer les moyens humains et financiers nécessaires et fournir des outils de travail inspirés des meilleures pratiques dans le monde. Vous vous demandez sans doute combien ça va coûter pour atteindre notre objectif de 80 % de taux de diplomation. L’ensemble du plan proposé, c’est-à-dire les dix actions présentées dans le rapport Savoir pour pouvoir, coûtera annuellement de 35 à 64 millions $ pour la phase de départ, donc de un à trois ans. Le coût annuel d’opération, par la suite, se situera entre 137 et 237 millions $. N’oubliez pas que des sommes importantes sont actuellement investies dans la lutte au décrochage. Une partie de cet argent pourrait servir à financer certaines actions proposées. Vous trouvez que c’est cher ? Surement pas. Je sais que vous savez compter comme moi. Je vous rappelle qu’un jeune sans diplôme gagne, en moyenne, 439 000 $ de moins qu’un diplômé pendant sa vie active. Une seule cohorte de décrocheurs coûte à la société près de deux milliards $. Et, je ne parle pas de tous les autres avantages inestimables que vaut l’obtention d’un diplôme pour son détenteur, pour sa famille et pour la société. En conclusion, je vous invite, toutes et tous, à vous joindre à cette nouvelle initiative citoyenne qui décolle pour gagner la lutte contre le décrochage scolaire au Québec. Corvée-Décrochage est en marche. Vous pouvez tous apporter votre contribution, d’une façon ou d’une autre. Vous avez tous des expertises, des moyens, des ressources qui peuvent aider à faire la différence. Chacun, je dis bien chacun d’entre vous peut faire la différence. Si ce n’est qu’en encourageant les jeunes que vous côtoyez à poursuivre dans leur vie étudiante. Engagez-vous dans ce mouvement contre le décrochage scolaire. Je vous le promets… vous allez être fier de vous car au delà des Chiffres….c’est une affaire de Coeur Merci de votre engagement. *****
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