Message d'adieu aux actionnaires par Tony Comper, Président et chef de la direction, BMO Groupe
financier lors de L'Assemblée annuelle des actionnaires de la
Banque de Montéal
Toronto, Ontario,
le 1er mars 2007
(À vérifier lors de l’allocution)
Merci, David. C’était vraiment très gentil. Permettez-moi en retour de dire à
quel point notre organisation a eu de la chance d’avoir un président
du conseil de votre calibre.
Bonjour, chers amis, collègues et actionnaires. Je suis très honoré de vous présenter
mon dernier rapport comme chef de la direction de cette organisation
solidement enracinée.
Quand j’ai joint les rangs de la Banque de Montréal à
l’été 1967 – cette glorieuse époque où tous les espoirs étaient permis
–, l’idée que je pourrais y mener une carrière de 40 années ne m’a
jamais traversé l’esprit – et encore moins une carrière qui m’amènerait
à occuper le prestigieux fauteuil de chef de la direction.
Je n’avais rien contre, remarquez bien. Mais disons que
ce n’était pas la première image qui venait à l’esprit d’un jeune homme
armé d’un diplôme d’anglais (et d’une guitare), dans ce climat de contestation
propre aux années 60. Comme, toutefois, je travaillais déjà l’été à
une succursale de Toronto, j’avais une idée assez précise de l’endroit
où je mettais les pieds.
D’abord et avant tout, je savais que c’était une entreprise
honorable, que je n’aurais jamais honte de dire que je travaillais
à BMO et que je n’aurais pas à me porter à la défense de ma banque.
Je savais que j’y côtoierais des gens bien, des gens motivés
et consciencieux qui s’étaient fixés comme seul et unique objectif
de contribuer au succès de leurs clients. Un objectif qui perdure aujourd’hui
et dont Bill Downe a déjà annoncé qu’il en ferait son principal cheval
de bataille.
Quand j’y repense, plusieurs raisons ont fait que ce premier
« boulot » dans lequel je me suis engagé avec passablement de désinvolture
s’est étiré sur quatre décennies, mis à part le fait que j’adhérais
entièrement aux valeurs de l’entreprise.
La première raison, du moins la plus évidente, a été la
succession d’emplois très intéressants et de plus en plus gratifiants
qui ont marqué mon parcours jusqu’au poste de chef de la direction
d’une des plus formidables institutions au monde. Je fais cette affirmation
en étant bien conscient des privilèges inhérents à mes origines et
à mon sexe.
Je tiens toutefois à dire qu’une autre raison, encore
plus profonde, explique que je sois resté si longtemps à la Banque,
et c’est le fait d’avoir si souvent eu l’occasion de côtoyer des personnes
de qualité. Des premiers collègues avec qui j’ai travaillé au milieu
des années 60 à ma succursale locale, jusqu’aux membres de l’équipe
de direction et du Conseil d’administration qui nous font l’honneur
de leur présence aujourd’hui, je n’aurais pu rêver meilleurs compagnons
de route.
Attention, cela ne veut pas dire que certaines contributions
n’ont pas été plus déterminantes que d’autres. Tout comme il serait
faux de prétendre que je n’ai pas croisé quelques incompétents en chemin,
mais j’ai eu l’impression qu’ils n’étaient pas à leur place chez nous
et se dirigeaient très vite vers autre chose.
Par contre, je sais hors de tout doute que BMO Groupe
financier et ses actionnaires ont la chance de pouvoir compter sur
un effectif animé d’un sentiment d’appartenance de plus en plus fort
(78 % de mes collègues au Canada possèdent des actions de BMO) comprenant
des dizaines de milliers d’employés qui ont à cœur le succès de notre
organisation au point d’en faire un enjeu personnel.
Je ne crois pas qu’il y ait encore beaucoup de gens qui
considèrent une grande entreprise comme une « famille » de nos jours,
et j’en ferai sans doute sourire quelques-uns en empruntant cette métaphore
un peu vieux jeu. Pourtant, et sans tomber dans le sentimentalisme
– qui n’est pas tellement mon genre –, je dois dire que BMO a été comme
une famille pour moi.
Sans aller jusqu’à la qualifier de « belle grande famille
heureuse », quand on pense à toutes les permutations et combinaisons
d’événements qui peuvent tourner à la catastrophe, aussi bien au sein
d’une famille que d’une entreprise, on peut dire qu’on s’en est remarquablement
bien tiré.
Et comme dans toute bonne famille, il a fallu se serrer
les coudes dans les moments plus difficiles – je pense surtout à l’époque
de la fusion-qui-n’a-pas-eu-lieu avec RBC, en 1999, un épisode dont
de nombreux administrateurs et collègues se souviendront de triste
mémoire.
Une fois cette question réglée (par le fait, dois-je le
rappeler, d’une décision qui nous a été imposée), nous avons dû regarder
la vérité en face. Nous nous sommes ainsi rendu compte, entre autres,
que nous n’investissions pas assez dans les activités qui généraient
la plus grande part de notre profit économique et trop dans certaines
activités qui, au contraire, érodaient notre profit économique.
Nous avons alors eu à relever de nombreux défis importants
qui, si nous les avions ignorés, auraient pu avoir des conséquences
fatales. Entre autres, il fallait décider si nous avions la capacité
de nous en sortir seuls dans le contexte de la mondialisation du secteur
des services bancaires.
Si vous voulez savoir quel genre de personnes travaillent
à BMO Groupe financier, songez à la somme d’efforts – et à la solidarité
– qu’il a fallu déployer pour renverser la vapeur, parce qu’il n’y
avait pas d’autre choix. Or, ce « moment de vérité » a donné à BMO
l’occasion de faire ses preuves. Aujourd’hui, notre organisation est
saine, florissante et promise à un avenir encore meilleur.
Comme le président du conseil l’a mentionné, le revenu net a plus
que doublé entre 1999 et 2006, atteignant 2,66 milliards de dollars.
Au cours du dernier exercice seulement, la croissance du résultat
par action s’est établie à plus de 11 % et le rendement de vos actions
ordinaires sur un an a dépassé 24 %. Cette même année, BMO s’est
également démarquée en portant la fourchette de son ratio de distribution
cible à un niveau supérieur à celui de tous ses concurrents au Canada.
Je laisse à Karen Maidment le soin de vous présenter nos
résultats financiers plus en détail. Je voulais simplement démontrer
que nous avions non seulement survécu mais aussi prospéré depuis les
jours sombres de 1999.
Pour commencer, nous avons examiné à la loupe le potentiel
actuel et futur de création de valeur de chacun de nos nombreux secteurs
d’activité. C’est ainsi que nous avons découvert que nous n’investissions
pas assez dans les activités qui généraient la plus grande part de
notre profit économique et trop dans d’autres activités qui, au contraire,
l’érodaient.
Cette constatation a forcé le Conseil et l’équipe de direction
à prendre des décisions extrêmement difficiles qui devaient déclencher
la restructuration la plus radicale de l’histoire de BMO.
Notre but était on ne peut plus clair : augmenter la valeur
pour les actionnaires. Cette position ferme a influencé chacune des
décisions que nous avons prises par la suite.
Nos efforts de transformation n’ont pas suscité que des
commentaires positifs. Même si les activités délaissées étaient peu
rentables, notre retrait des secteurs visés a forcément entraîné une
chute soudaine de revenus.
D’une part, nous subissions les pressions à la baisse
qu’une telle situation exerçait sur notre revenu net, et d’autre part,
nous ne bénéficiions pas encore des avantages de la réaffectation stratégique
des ressources. Même si je ne voudrais jamais, pour rien au monde,
revivre de pareils moments, je n’en demeure pas moins fier d’avoir
été celui qui tenait la barre durant toute la transformation. À mesure
que s’opérait le changement de cap de BMO, il était clair que le résultat
méritait largement l’effort qu’il avait exigé.
Pour moi, la période qui a suivi cette crise de la « non-fusion » a été la plus riche que j’ai vécue sur le plan professionnel. C’est
grâce à elle finalement que je peux aujourd’hui – dans tout juste quelques
minutes – confier à cette équipe de direction chevronnée une banque
qui est prête à conquérir le monde et qui, je n’en doute pas, y réussira.
Mais avant de revenir au sujet de la relève, j’aimerais
rappeler quelques-uns des éléments clés qui ont également joué en notre
faveur.
Le premier fut qu’au moment où la technologie de l’information
connaissait son heure de gloire, j’étais déjà un pro dans le domaine.
L’une des plus belles ouvertures qu’on m’ait faites à BMO remonte en
effet à 1971, quand on m’a invité à embarquer dans une aventure alors
appelée Opérations et systèmes.
Je n’en reviens toujours pas, mais j’ai participé à la
conception du système informatique qui nous a permis de nous engager
dans des opérations bancaires en temps réel dans six fuseaux horaires...
« plus de choses que n’en aurait rêvé ma philosophie », comme aurait
dit Hamlet.
J’ai passé un peu plus de dix ans aux Opérations, et c’est
là que j’ai obtenu mon premier poste de vice-président. J’y suis revenu
par la suite, comme vice-président à la direction, juste avant d’être
nommé président en 1990.
Ainsi, quand la technologie a connu l’essor fulgurant
qui a transformé la nature même des services bancaires, j’ai été l’un
des premiers chefs de l’exploitation et par la suite, l’un des premiers
chefs de la direction parfaitement à l’aise avec l’informatique et
possédant dans ce domaine une maîtrise confirmée.
Cette connaissance est devenue un atout car, nonobstant
ses autres effets, la révolution technologique a conféré au client
un pouvoir suprême, voire « plus que suprême ».
D’autres révolutions déclenchées dans les années 90 ont
également modifié en profondeur la nature de nos opérations. La mondialisation
(un succès absolu, à mon avis) est sans doute la première qui vient
à l’esprit.
Et c’est normal. La mondialisation a changé notre façon
de faire des affaires – et même notre façon de concevoir les affaires
– d’une façon si radicale que même le mot radical n’est pas assez fort
pour décrire cette évolution.
La responsabilité sociétale des entreprises, qui constitue
la dernière des trois révolutions ayant marqué le tournant du siècle,
a, en fin de compte, exercé sur le monde une influence presque aussi
déterminante que les deux autres. Cette notion qui jusqu’alors était
plutôt vague est devenue une valeur de base et un principe directeur
pour la plupart des entreprises du monde post-industriel. Auparavant
perçue comme une charge, elle est aujourd’hui un atout concurrentiel
décisif.
Or, dans un secteur comme les services financiers où la
concurrence est extrêmement féroce, chaque institution s’efforce par
tous les moyens possibles de gagner ne serait-ce qu’une toute petite
longueur d’avance. Dans un tel contexte, pourquoi les gens devraient-ils
opter pour un compte bancaire, ou un emploi, ou encore un investissement
à BMO plutôt qu’ailleurs? Qu’est-ce qui rend BMO si spécial?
Et bien, parmi toutes les raisons qui nous distinguent,
il y a le fait que nous figurons régulièrement au palmarès du magazine
Maclean’s des 100 meilleurs employeurs au Canada. Et le Toronto Star a récemment classé BMO au nombre des 50 meilleurs employeurs de la
région du Grand Toronto.
Et le fait d’avoir été choisi meilleure entreprise citoyenne
par le magazine Corporate Knights en 2005, et d’avoir figuré parmi
les premiers au classement chaque année où le prix a été décerné, nous
confère certainement un avantage.
Nous pourrions également citer la place enviable et respectée
qu’occupe BMO au panthéon des grandes entreprises canadiennes. J’ai
eu le privilège de contribuer à consolider la réputation d’entreprise
engagée dans la collectivité qui caractérise BMO depuis longtemps.
À cet égard, j’ai suivi l’exemple d’innombrables collègues qui sont
venus avant moi, travaillent à mes côtés et poursuivront après moi.
Sur le plan environnemental, je plains les organisations
qui n’auraient pas encore pris le virage du développement durable.
Comme nous le soulignons dans le Rapport annuel du dernier exercice,
ainsi que dans notre Déclaration annuelle qui vient tout juste d’être
publiée (et dont je vous invite à vous procurer un exemplaire en quittant
la salle), nous nous sommes engagés à défendre la cause environnementale
sur plusieurs plans critiques à l’échelle de la planète.
Le secteur des services financiers fait ce qu’il peut pour prévenir les effets nocifs sur l’environnement – et sur les gens
– des prochaines générations de mégaprojets internationaux : nos décisions
en matière de financement sont conditionnelles au respect des principes
de développement durable.
Abstraction faite de mon parti pris personnel, le fait
est que, même si la définition d’une bonne entreprise citoyenne a évolué
au fil des ans, BMO et ses employés ont toujours eu une mentalité à
l’avant-garde dans ce domaine.
Ainsi, ce n’est pas par hasard que nous avons remporté
en 2001 le premier Prix national en régie d'entreprise décerné par
Le Conference Board du Canada et Spencer Stuart. Nous avons travaillé
fort pour en arriver là et nous voulons que nos efforts soient reconnus.
Permettez-moi de vous ramener au début des années 90,
quand BMO a pour la première fois inscrit la diversité et l’équité
en milieu de travail au nombre de ses priorités d’entreprise.
Je venais alors d’être nommé président et j’occupais enfin
un poste qui allait me permettre de découvrir s’il existait des raisons
légitimes pour que les femmes ne réussissent pas leur carrière à BMO
ou si c’était simplement le fait de toute une suite de suppositions
et de préjugés bien ancrés.
J’ai mis sur pied le Groupe de travail sur l’avancement
des femmes à la Banque, une initiative qui, avec le temps, a marqué
le monde des affaires et a littéralement transformé l’image de l’organisation.
Les analyses ont confirmé que les femmes qui travaillaient
à BMO étaient aussi qualifiées que les hommes sous tous les aspects
importants. Cela voulait dire qu’en plus de commettre une injustice
flagrante, nous sous-utilisions les trois quarts de nos ressources
intellectuelles.
Au début, j’ai joué la carte de la rentabilité en faisant
valoir que l’avancement des femmes était une décision d’affaires intelligente
dans une perspective purement commerciale.
Nous avons utilisé les mêmes arguments pour faire adopter
les recommandations de trois autres groupes de travail subséquemment
créés pour promouvoir l’avancement des membres de minorités visibles,
des Autochtones et des personnes handicapées en misant, là encore,
sur la maximisation de nos forces et sur les avantages d’une telle
orientation pour l’entreprise.
Toutefois, j’ai rapidement découvert que le message aurait
été tout aussi efficace – du moins auprès des gens qui travaillent
à BMO – si j’avais présenté les choses en disant simplement que nous
devions contribuer à « bâtir un monde meilleur ».
Je suis également fier d’avoir acquis un trait culturel
propre à BMO en poursuivant et en renforçant sa tradition d’engagement
dans le domaine de l’éducation. La création de L’Académie BMO Groupe
financier, une institution unique en son genre, constitue le plus bel
exemple de cet engagement. Mais, l’accent mis sur l’éducation va bien
au-delà du besoin d’acquérir les capacités pour réussir le mieux possible
en tant qu’organisation – et ainsi soutenir la concurrence. Nous investissons
aussi beaucoup afin de relever le niveau d’instruction, contribuant
ainsi à améliorer le niveau de succès de la société et, par conséquent,
de notre future clientèle.
J’ai été heureux de participer à ce nouveau courant de
responsabilité sociétale. Parmi toutes les occasions exceptionnelles
que m’a offertes mon poste de chef de la direction de BMO Groupe financier,
j’ai eu le privilège de contribuer à faire de notre organisation une
entreprise citoyenne modèle...
… à une époque où cette qualité est aussi indispensable
au succès d’une entreprise que la technologie la plus avancée ou le
savoir-faire.
Il est également bon d’avoir présent à l’esprit, comme
nous l’avons, qu’on ne peut jamais se passer d’une bonne stratégie
élaborée dans les règles de l’art et accompagnée, il va sans dire,
d’une mise en œuvre impeccable.
BMO a abordé le nouveau siècle muni d’une stratégie centrée
sur l’accroissement de ses activités de base au Canada et l’accélération
de son expansion dans certains marchés soigneusement ciblés aux États-Unis.
Avec l’idée bien arrêtée d’accroître la valeur pour les
actionnaires, nous avons conçu des réseaux de distribution multicircuits
et orientés client à l’échelle du Canada et dans le Midwest américain,
qui sont le fruit des investissements importants effectués au cours
des dernières années dans les succursales, la technologie et l’intégration
de l’infrastructure.
En matière d’intégration et de positionnement, nous disposons
d’une plateforme d’expansion aux États-Unis inégalée parmi les banques
canadiennes. La conclusion, en janvier, de l’acquisition de la First
National Bank & Trust dans le centre de l’Indiana porte à 234 le nombre de succursales et à
près de 600 le nombre de guichets automatiques affichant la marque
Harris. Notre bastion des services bancaires à la collectivité devient
ainsi un concurrent plus redoutable que jamais dans le Midwest américain.
La mission de Harris est de devenir la première banque pour les particuliers
et les entreprises dans le Midwest grâce à un réseau de 350 à 400 succursales.
Nous avons également d’autres cordes à notre arc – en
particulier dans les secteurs des services aux entreprises et de la
gestion de patrimoine qui présentent un potentiel de croissance énorme
des deux côtés de la frontière. Et nous allons continuer de tirer profit
de notre leadership établi de longue date dans le domaine de la gestion
du risque de crédit et – ce dont nous espérons vous avoir convaincu
aujourd’hui – de notre remarquable capacité d’adaptation au changement.
Dans ce monde en évolution, la République populaire de
Chine s’impose comme la prochaine superpuissance économique avec un
marché dont l’ampleur défie presque l’imagination.
Comme les actionnaires le savent déjà, BMO a accru sa
présence en Chine au cours de la dernière décennie; notre Conseil d’administration
s’y est d’ailleurs réuni une première fois, à Beijing, en 1997 puis
de nouveau cette année, à Shanghai. Même si ces initiatives d’expansion
des affaires ont une incidence négligeable sur le rendement des capitaux
propres aujourd’hui – notre stratégie demeurant essentiellement axée
sur le Canada et les États-Unis –, nous sommes optimistes quant aux
perspectives à long terme qu’elles nous ouvrent dans l’empire du Milieu.
Nous développons des relations personnelles dans une culture
qui attache beaucoup de prix à ce type de relations et, dans un avenir
pas très éloigné, les actionnaires vont commencer à bénéficier du fruit
de ces efforts.
C’est l’occasion pour ceux qui investissent dans BMO d’applaudir
au choix de mon successeur. Bill Downe partage entièrement mon optimisme
à l’égard de ce que le marché chinois peut représenter pour notre organisation
dans le futur. Tout comme il partage ma passion pour BMO. Il possède
en outre une parfaite compréhension des étapes que nous devrons franchir
pour atteindre un rendement exceptionnel et il est très déterminé.
Pour être tout à fait honnête, une partie de moi n’est
pas si heureuse de partir – surtout quand je pense aux moments passionnants
que nous vivons et dont rien ne laisse croire qu’ils vont bientôt prendre
fin.
Et je ne suis pas le moins du monde fatigué d’avoir aidé
cette organisation à passer à travers trois révolutions qui se sont
chevauchées. Au contraire, tout cela a été exaltant.
J’aimerais être là le jour où BMO deviendra la banque
la plus performante dans tous les marchés où elle aura choisi d’être
présente tant au Canada qu’aux États-Unis – et sera reconnue comme
telle.
Je me console toutefois à l’idée d’avoir été celui qui
a donné le coup d’envoi à cette ambitieuse mission et je me réjouirai
haut et fort lorsqu’elle sera accomplie. Je souhaite vivement que ce
soit sous la direction de Bill Downe quand il aura réussi à amener
le niveau de performance de BMO encore un cran plus haut.
Ce fut un grand privilège de guider BMO à l’aube du 21e
siècle, mais aussi un très grand plaisir. Cette organisation m’a offert
les plus belles années de ma vie.
Pour terminer (ce mot revêt une signification particulière
aujourd’hui), je tiens à remercier les actionnaires de m’avoir confié
leur entreprise. Je veux aussi remercier tous ceux qui, de près ou
de loin, m’ont accompagné pendant ce parcours de 40 ans et ont contribué
au succès de mon histoire d’amour avec BMO. De l’été 1967 placé sous
un bon augure jusqu’à ce tout dernier instant, j’ai été comblé.
Au revoir. Vous allez tous me manquer.