L'économie canadienne est maintenant en récession, mais les économistes de la Banque de Montréal prévoient que le ralentissement sera modéré comparativement aux récessions passées. Selon des prévisions rendues publiques aujourd'hui, la croissance économique reprendra au début de l'an prochain, grâce aux stimulants économiques qui ont déjà été mis en place avant le début de la période de baisse de la production.
«La différence entre la présente récession et les ralentissements précédents des années 1980 et du début des années 1990 est le fait que les stimulants monétaires et budgétaires ont débuté avant le ralentissement», a déclaré l'économiste en chef de la Banque de Montréal, Tim O'Neill. «De façon critique, la Réserve fédérale américaine et la Banque du Canada ont toutes deux commencé à abaisser les taux d'intérêt dès janvier, ce qui, avec les délais habituels, devrait atténuer le ralentissement et hâter la reprise.»
Les économistes de la Banque estiment que l'économie américaine était déjà en ralentissement à l'approche de l'automne, mais que les événements du 11 septembre «ont fait basculer une économie faible dans au moins une légère récession». Selon les prévisions, l'économie américaine reculera de moins de un pour cent au second semestre de cette année, entraînant avec elle l'économie canadienne. Au début de l'an prochain, toutefois, le pire devrait être passé et la croissance devrait se renforcer au cours de 2002 et en 2003.
Les économistes de la Banque prévoient au second semestre de 2002 une croissance trimestrielle d'au moins quatre pour cent aux États-Unis et au Canada. Le faible niveau des stocks, la croissance des dépenses publiques et la remontée des investissements des consommateurs et des entreprises devraient ouvrir la voie à la reprise de l'économie américaine. Cette reprise contribuera sensiblement à la remontée de l'économie canadienne. La croissance en 2003 devrait atteindre en moyenne 4,1 % au Canada et 3,9 % aux États-Unis.
«Dans nos perspectives économiques, nous tenons compte d'un niveau d'incertitude internationale plus élevé que d'habitude, a ajouté M. O'Neill, mais nous percevons aussi certains signes très favorables. L'inflation est faible et les finances publiques sont en bien meilleur état.»
À court terme, la faiblesse de l'économie et le besoin de stimulation qui en découle maintiendront les taux d'intérêt bas. Les économistes de la Banque prévoient que, d'ici la fin de l'année, la Banque du Canada réduira encore les taux de 50 points de base. Ils prévoient toutefois que les taux d'intérêt commenceront à augmenter au second semestre de l'an prochain, au fur et à mesure de la reprise économique, et poursuivront leur hausse pendant toute l'année 2003.
La vigoureuse croissance économique au second semestre de l'an prochain viendra trop tard pour empêcher le taux de chômage de dépasser les 8 % au Canada, mais elle remettra la création d'emplois sur une voie plus rapide.
Perspectives économiques canadiennes
(En pourcentage, sauf indication contraire)
| |
2000 |
2001 |
2002 |
2003 |
| PIB réel |
4,4 |
1,3 |
1,6 |
4,1 |
| Emploi |
2,6 |
1,1 |
0,6 |
2,2 |
| Taux de chômage (en pourcentage) |
6,8 |
7,2 |
8,1 |
7,7 |
| Mises en chantier (en milliers) |
153 |
158 |
158 |
165 |
| Ventes de détail |
6,2 |
4,2 |
3,6 |
5,6 |
| Prix à la consommation |
2,7 |
3,0 |
1,7 |
1,4 |
À l'échelle régionale, les économistes de la Banque estiment que l'Ontario et le Québec seront particulièrement touchés par le ralentissement cyclique et le fléchissement de la demande américaine. La Colombie-Britannique, qui avait récupéré au début de cette année, sera touchée par la glissade continue des prix des produits de base. Tout en étant touchées par le ralentissement américain, d'autres régions ont des raisons plus particulières qui expliquent leur ralentissement cette année : la sécheresse en Saskatchewan et l'achèvement de plusieurs projets majeurs dans le Canada Atlantique.
La plupart des provinces peuvent s'attendre à une croissance économique plus vigoureuse l'an prochain et au début de 2003, de concert avec une reprise robuste aux États-Unis. L'Alberta et Terre-Neuve profiteront de leur mise en valeur continue de ressources énergétiques.
Prévisions en bref pour les provinces
| |
2000 |
2001 |
2002 |
2003 |
| Terre-Neuve et Labrador |
4,8 |
3,5 |
5,5 |
4,5 |
| Île-du-Prince-Édouard |
3,8 |
2,2 |
2,4 |
3,5 |
| Nouvelle-Écosse |
3,4 |
1,8 |
0,9 |
2,6 |
| Nouveau-Brunswick |
3,2 |
0,6 |
0,7 |
3,6 |
| Québec |
4,2 |
1,1 |
1,2 |
3,9 |
| Ontario |
5,0 |
1,2 |
1,6 |
4,4 |
| Manitoba |
3,0 |
1,6 |
2,2 |
3,0 |
| Saskatchewan |
3,3 |
0,6 |
3,0 |
3,5 |
| Alberta |
5,5 |
4,0 |
3,5 |
4,5 |
| Colombie-Britannique |
3,3 |
0,9 |
1,2 |
3,7 |
| Canada |
4,4 |
1,3 |
1,6 |
4,1 |
On peut télécharger une copie intégrale de la Revue économique internationale sur le site de la Banque à l'adresse www.bmo.com/economic/francais.html.
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