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Allocution de Karen Maidment, Chef des Finances, Banque de Montréal, à l’occasion de l’assemblée annuelle des actionnaires tenue à montréal (québec)
 

MONTRÉAL, QC, le 26 février 2002
 

Bonjour, Mesdames et Messieurs. Je suis honorée d’être ici aujourd’hui. Comme vous le savez peut-être, l’an dernier, j’avais parlé de la volonté de la Banque de Montréal d’exercer un leadership en matière financière. Cela m’amène au message que je veux vous transmettre aujourd’hui : dans cette conjoncture difficile, la Banque de Montréal continue d’affirmer son leadership financier.

Qu’est-ce que j’entends par leadership financier? Le leadership financier consiste non seulement à atteindre des résultats supérieurs, à observer les meilleures pratiques possibles pour ce qui est de l’application des normes comptables et à présenter une information complète sur toutes les activités de l’entreprise, mais aussi à rendre compte de la réalité lorsque les cibles financières ne sont pas atteintes.

Ce matin, j’aborderai les sujets suivants :

                      Nos résultats de 2001

                      Les résultats du premier trimestre de 2002 et les perspectives pour le reste de l’exercice

                      L’importance que nous accordons en tout temps à l’information financière complète

Résultats de 2001

Commençons par les résultats de 2001. Sur le plan financier, ce fut un exercice difficile, et cela transparaît dans le cours de notre action en Bourse. 

Mais avant d’aborder l’aspect purement financier, j’aimerais replacer les résultats dans leur contexte. Nous avons connu un début d’année difficile dans le secteur des services aux particuliers à la suite du déploiement de quelque 1 000 nouveaux employés de première ligne dans les succursales. Cette initiative, destinée à nous doter d’atouts pour assurer notre croissance, a entraîné une baisse de revenus qui s’est répercutée sur notre revenu net. Comme vous pourrez toutefois le constater en prenant connaissance des résultats du dernier trimestre, notre investissement commence déjà à porter ses fruits.

Pendant la même période, le recul des marchés boursiers a eu un effet néfaste sur les résultats du groupe Gestion privée et d’une partie du groupe Services d’investissement.

Finalement, l’intensification de la récession américaine a entraîné une baisse de nos activités de crédit aux entreprises des États-Unis. Cette situation nous a incités à revoir en profondeur la structure de notre bilan. Le relèvement de nos provisions pour créances irrécouvrables et les dévaluations de placements qui en ont découlé ont totalisé 414 millions de dollars après impôts.

Le revenu net selon les états financiers s’est élevé à 1,5 milliard de dollars au cours de l’exercice 2001, en baisse par rapport au 1,9 milliard de dollars de l’exercice 2000. Le résultat par action avant amortissement, abstraction faite des éléments exceptionnels, s’est établi à 2,68 $, en baisse par rapport à 3,05 $ l’exercice précédent. 

Malgré le relèvement des provisions pour créances irrécouvrables en 2001, la Banque de Montréal possède toujours l’un des portefeuilles de crédit les plus solides du secteur. Nous surpassons systématiquement les autres banques canadiennes à ce chapitre. Notre ratio de provisionnement moyen sur 12 ans, égal à 41 points de base, se compare favorablement à la moyenne de notre groupe de référence du Canada, qui se situe à 64 points de base. La méthodologie de gestion de crédit perfectionnée de la Banque de Montréal lui procure un avantage concurrentiel à cet égard.

À 13,8 %, par rapport à 18 % l’exercice précédent, le rendement de l’avoir des actionnaires reflète la situation économique difficile que nous avons connue cette année.

  La conjoncture défavorable a également influé sur les résultats des entités d’exploitation. Abstraction faite des éléments exceptionnels, le revenu net du groupe Particuliers et entreprises s’est élevé à 795 millions de dollars en 2001, un montant légèrement inférieur à celui enregistré en 2000. Au Canada, les revenus ont augmenté grâce à un volume d’affaires plus élevé, mais les marges sont restées relativement stables dans un contexte de baisse des taux d’intérêt. Aux États-Unis, les services de détail de Harris ont enregistré une forte croissance qui demeure tout aussi vigoureuse en 2002. Les frais ont augmenté au début de l’exercice, résultat des   investissements effectués dans certaines initiatives stratégiques.

Le revenu net du groupe Services d’investissement a glissé de 603 millions à 507 millions de dollars. Cette baisse est imputable au relèvement des provisions pour créances irrécouvrables et aux dévaluations de placements, annoncés au quatrième trimestre, qui ont toutefois été partiellement contrebalancés par la performance nettement meilleure des marchés financiers.

  Le revenu net du groupe Gestion privée a diminué, passant de 190 millions de dollars en 2000 à 121 millions de dollars en 2001. Les résultats témoignent de la situation particulièrement difficile qui régnait sur les marchés boursiers et qui a pesé sur les services de placement traditionnels et en direct.

  Résultats du premier trimestre de 2002

  Passons maintenant aux résultats du premier trimestre de 2002. Les chiffres, qui ont été dévoilés ce matin, tiennent compte des initiatives importantes que nous avons mises en oeuvre. Ces mesures comprennent un redoublement d’efforts à l’égard de la croissance des revenus dans chacun de nos secteurs d’activité, tant par le biais de la croissance organique que des acquisitions sélectives. Le président du conseil abordera le sujet plus en profondeur tout à l’heure.

La Banque s’est engagée à contenir la croissance des frais à un niveau sensiblement inférieur à celui de la croissance des revenus. Pour y parvenir, nous avons pris certaines mesures de gestion des salaires et des programmes de dotation en personnel, en plus de réduire considérablement les dépenses discrétionnaires tels que les frais de déplacement et de services-conseils.

Ces initiatives commencent à porter leurs fruits. À preuve, les résultats du premier trimestre de 2002 affichent une nette amélioration par rapport au quatrième trimestre de 2001.

Le résultat par action avant amortissement a grimpé de 0,50 $ par rapport au quatrième trimestre. S’établissant à 0,75 $ par action, il n’a pas changé par rapport au premier trimestre de l’exercice précédent, dans un contexte économique pourtant très différent. En fait, il a même augmenté si l’on fait abstraction du relèvement des provisions pour créances irrécouvrables, contrebalancé par l’effet des modifications apportées à la méthode de comptabilisation de l’amortissement des écarts d’acquisition. Un résultat par action de 0,75 $ équivaut à un revenu net de 372 millions de dollars.

Le résultat par action avant amortissement obtenu au premier trimestre – et le résultat prévu pour le reste de l’exercice – témoigne du succès remporté par notre programme de rachat d’actions qui a pris fin au quatrième trimestre de 2001 et dans le cadre duquel 2,5 milliards de dollars ont été versés à nos actionnaires.

Nos revenus du premier trimestre ont crû de 2,6 % par rapport au même trimestre de l’exercice précédent. La hausse provient de la croissance du volume d’affaires dans nos services aux particuliers au Canada et aux États-Unis, ainsi que des améliorations réalisées dans nos secteurs d’activité sensibles aux taux d’intérêt. Par contre, les revenus inférieurs provenant des opérations sur titres et des services tarifés ont fait contrepoids.

Comme je l’ai déjà mentionné, nous nous sommes parallèlement efforcés de juguler les frais. Témoignant de l’efficacité de notre programme de réduction des coûts, la  croissance des frais a été limitée à 13 millions de dollars, soit moins de 1 % par rapport au quatrième trimestre.

  Notre ratio des frais aux revenus de 66,3 %, qui est notre principale mesure de la productivité, est légèrement plus élevé qu’au même trimestre de l’exercice précédent, mais il suit la bonne tendance car il s’établissait à 68,1 % le trimestre dernier.

  Les résultats de nos entités d’exploitation s’inscrivent dans la même veine. La performance   de notre groupe Particuliers et entreprises s’est améliorée par rapport au premier trimestre de l’exercice précédent, sous l’effet d’une augmentation de 7 % des revenus au Canada et aux États-Unis. Les résultats du groupe Services d’investissement se sont également améliorés par rapport au premier trimestre de 2001, en raison des frais moins élevés et des progrès continuels réalisés dans les secteurs sensibles aux taux d’intérêt. Malgré la situation difficile des marchés, le groupe Gestion privée a également affiché un bon rendement.

Nos perspectives pour 2002 témoignent de notre confiance dans les initiatives mises en place, tout en tenant compte du contexte difficile dans lequel nous évoluons.

Plus précisément, nos prévisions sont les suivantes.

Réaliser une croissance du résultat par action avant amortissement de 8 % à 12 %.

Réaliser un rendement de l’avoir des actionnaires avant amortissement de 14 % à 15 %.

Maintenir notre provision pour créances irrécouvrables autour de 40 à 50 points de base, soit moins que les 60 points de base de l’exercice 2001.

Et maintenir un ratio de capital de première catégorie – notre principale mesure de suffisance du capital – d’au moins 8 %.

Nous continuons de considérer ces cibles comme réalistes dans le contexte économique actuel et nous nous emploierons à les atteindre ou à les dépasser.

Information financière complète

Notre leadership financier va bien au-delà de ces chiffres. Il se manifeste dans l’accent que nous mettons sur une information financière complète. Et à ce chapitre, la Banque de Montréal est reconnue comme chef de file au Canada.   

La Banque de Montréal n’a pas attendu que les médias s’intéressent à l’importance de la transparence en matière d’information financière et de l’adoption de normes comptables rigoureuses pour présenter une information financière qui est à la fois :

·          pertinente – nous communiquons à nos lecteurs des renseignements sur nos stratégies, nos pratiques de gestion, les risques que nous assumons et le rendement de nos principaux secteurs d’activité;

·          équilibrée – nous n’hésitons pas à divulguer nos résultats aussi bien négatifs que positifs, en chiffres absolus et par comparaison à nos groupes de référence;

·          fiable – parce qu’elle repose sur un système étendu de surveillance et de contrôles internes;

·          livrée en temps opportun;

·          et fondée sur des principes comptables qui respectent autant l’esprit que la lettre des règlements.

Les nombreux prix d’excellence décernés à nos rapports annuels tant au Canada qu’aux États-Unis témoignent de notre leadership en matière d’information financière, leadership que nous sommes déterminés à conserver.

Bien que toutes les normes et procédures soient absolument essentielles, rien ne saurait remplacer des normes éthiques élevées. Je suis fière de pouvoir vous dire aujourd’hui que les spécialistes financiers de la Banque de Montréal possèdent des qualifications professionnelles exceptionnelles et respectent des normes éthiques très élevées.

C’est ce type de leadership financier que nous offrons à nos actionnaires.